Ouest France – Tournage du court métrage PETIT CON

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Article paru dans Ouest France de Basile CABILLAUD. Photo de Pierre Koller.

Les passants craignaient qu’une femme, ayant enjambé un pont à Nantes, se jette dans la Loire… Mais la suicidaire était une actrice.

Insolite

Une course folle, pont Haudaudine, au pied du CHU de Nantes. Une femme (JULIA GOMEZ), la trentaine, file à grandes enjambées, direction le sommet du pont qui surplombe la Loire. Puis enjambe la rambarde. Sous ses pieds, la Loire et ses forts courants, quelques mètres plus bas.

Jeudi et vendredi, en fin de journée, la scène a surpris plus d’un passant et automobiliste qui passaient par là. Plusieurs conducteurs interloqués ont freiné d’urgence pour aller secourir la jeune femme, prise pour une désespérée. Un ambulancier qui repartait du CHU a pris la situation très au sérieux, ne voulant pas remonter dans son camion tant que la femme n’était pas revenue sur la terre ferme…

« Bien accrochée, elle ne risquait rien »De grosses frayeurs. Sauf que la femme, suicidaire pour les passants, est une comédienne. Jeudi et vendredi, elle participait au tournage de Petit Con, un court-métrage de sept minutes, tourné en une seule prise. « L’histoire d’un homme qui annonce à sa femme qu’il a traversé la Loire à la nage », raconte Thomas Rault, le réalisateur.

La bonne prise a été réalisée vendredi soir après une dizaine d’essais. Reste à l’équipe de tournage à monter le court-métrage, produit par la société OHNK et qui sera diffusé pour la première fois le 13 septembre au cinéma Le Concorde à Nantes.

Pour les passants apeurés, le réalisateur tient à se montrer rassurant : « La comédienne était en sécurité, elle était bien accrochée et ne risquait rien. »

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4 ingrédients d’un Best Of

Pour la 3e année, le festival du cinéma espagnol de Nantes m’a proposé de réaliser le film des meilleurs moments du festival.

En quelques chiffres, il y a une cinquantaine d’artistes/partenaires/personnalités à présenter, une dizaine de lieux emblématiques, les cérémonies d’ouverture et de clôture, les soirées spéciales, le palmarès…

Voici quelques règles que j’essaye de garder en tête pendant le tournage pour me faciliter le montage.

1 – La règle des 3 fois 10 secondes

Cette règle consiste à maximiser les options de montage lorsque l’on shoote un plan. Il s’agit, une fois qu’on a choisi la place de la caméra, de réaliser un panoramique de 10s vers la droite, un plan fixe de 10s, et enfin un panoramique de 10s vers la gauche. On disposera alors non pas d’une seule solution mais de trois plans pour le montage.

2 – Les plans symétriques

Avec le nombre de personnes et de moments à présenter, et pour éviter de dépasser les 6 minutes, on arrive naturellement à des plans courts (2,5 secondes en moyenne pour 130 plans). Le problème de la succession des plans courts dans un montage un peu cut est le ras le bol. J’essaye donc dés que je le peux de cadrer des plans de manière très symétrique qui permettent de reposer un peu l’oeil.

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Si la construction de l’image n’oriente pas assez le regard (et le perturbe donc), il est possible de jouer en post-production sur les contrastes (l’oeil est attiré vers les zones de plus fort contraste).

3 – La puissance du sourire !

Il m’est arrivé de nombreuses fois de filmer une personne qui s’exprimait face à une assemblée, dans une ambiance drôle ou en tout cas positive et pourtant de ne pas réussir à rendre compte de cette ambiance. Je pensais ( à tort ! ) que le spectateur sentirait l’ambiance qui entoure le cadre du plan. Évidemment non, surtout avec des plans courts, on se dit simplement qu’une personne qui sourit traduit une bonne ambiance et qu’une personne qui a le visage fermé s’ennuie ! La solution consiste donc à s’entêter à ne pas quitter son cadre tant qu’on n’a pas obtenu de la personne filmée un visage à l’image de la situation. Pour exemple, lorsqu’Alex de la Iglesia se prêtait au jeu de la séance de dédicaces de son livre, il était concentré sur ce qu’il écrivait et il avait naturellement un visage concentré. Hors contexte, on se disait qu’il ne passait pas un bon moment. J’ai donc attendu qu’il tende le livre à son lecteur et il lui a souri. Le résultat est plus serein.

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4 – Admettre qu’on ne peut pas être partout

Les présentations de films sont des moments relativement courts. Vouloir être partout pour alterner plan large, plan serré, champ/contrechamp est, je crois, la meilleure solution pour avoir plein de plans ratés. Quand Javier Camara et David Trueba sont venus présenter leur dernier film, je me suis dit que les applaudissements allaient être très forts. Je savais aussi que j’avais une interview planifiée le lendemain avec Javier Camara, j’allais donc le filmer en plan rapproché. J’ai alors assumé pour la séquence au Katorza d’être en plan large sans détail sur leurs visages mais avec l’ensemble de la salle et des applaudissements.

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Conclusion

Voici donc quelques règles que je garde en tête pour ne pas avoir trop de difficultés à monter ce type de film dit  » Best of  » :

Trois plans au lieu d’un, des cadres les plus lisibles possibles, des visages en adéquation avec les ambiances, et enfin choisir ma place et renoncer à d’autres.

Plus d’infos sur le festival : http://www.cinespagnol-nantes.com