Victoria / Sebastian Schipper – film


5h42. Berlin. Sortie de boîte de nuit, Victoria, espagnole fraîchement débarquée, rencontre Sonne et son groupe de potes. Emportée par la fête et l’alcool, elle décide de les suivre dans leur virée nocturne. Elle réalise soudain que la soirée est en train de sérieusement déraper…

Un film référence. Un plan séquence de plus de 2 heures. Techniquement, c’est incroyable. Et ça confirme mon goût pour les plans séquences. Le cadre subit le jeu des acteurs. Le spectateur n’est pas confronté à une série de cadres qui cherchent à montrer telle émotion ou tel élément de narration. Ce choix technique impose également une focale 28 mm ou 35 mm qui oblige le chef op à être au coeur de l’action, ce qui renforce également le hors champ.

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45 ans / Andrew Haigh – film


Kate et Geoff Mercer sont sur le point d’organiser une grande fête pour leur 45e anniversaire de mariage. Pendant ces préparatifs, Geoff reçoit une nouvelle : le corps de Katya, son premier grand amour, disparu 50 ans auparavant dans les glaces des Alpes, vient d’être retrouvé. Cette nouvelle va alors bouleverser le couple et modifier doucement le regard que Kate porte sur son mari…

L’étreinte du serpent / Ciro Guerra – film

Karamakate, un chaman amazonien puissant, dernier survivant de son peuple, vit isolé dans les profondeurs de la jungle. Des dizaines d’années de solitude ont fait de lui un chullachaqui, un humain dépourvu de souvenirs et d’émotions. Sa vie est bouleversée par l’arrivée d’Evans, un ethnobotaniste américain à la recherche de la yakruna, une plante sacrée très puissante, possédant la vertu d’apprendre à rêver. Ils entreprennent ensemble un voyage jusqu’au cœur de la forêt Amazonienne au cours duquel,  passé, présent et futur se confondent, et qui permettra à Karamakate de retrouver peu à peu ses souvenirs perdus.

BELIERS / Grímur Hákonarson – Film

Dans une vallée isolée d’Islande, deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans vont devoir s’unir pour sauver ce qu’ils ont de plus précieux : leurs béliers. 

La mise en scène est sobre (longs plans fixes, lents travellings avants et panoramiques) et les plans d’ensemble sur les paysages islandais créent un univers très marqué. Le caractère taiseux des bergers rend certaines scènes un peu trop statiques mais le jeu des deux frères est très physique. Le réalisateur a fait le choix de finir l’histoire avec la révélation. La question du futur (et du retour au monde ordinaire) reste donc entière mais cela ne pose pas vraiment de problème dans la mesure où l’intrigue n’est pas celle d’un thriller. Les deux scènes de discussion en groupe avec les autres bergers permettent d’éclairer la réalité d’une profession en grande difficulté. Le spectre des deux frères (la relation à la mère et au père) est présenté au bout d’une heure dix de film (qui dure une heure trente).

C’est un film où l’intrigue est un prétexte à présenter un univers fort : celui des bergers islandais. Pour ce qui est de mon travail de scénariste, si la justification de l’intrigue est partie prenante du dossier (le coeur du sujet), il faut que j’apprenne à justifier l’univers du récit.

JOHN -Lloyd Newson (DV8) / Théatre physique

Le théâtre physique de DV8 va loin. Dans la virtuosité, la violence et la beauté. Parmi les plus influentes de la scène contemporaine, la compagnie britannique cisèle un art documentaire, chorégraphique et verbal sans concession. Encensé par la critique internationale, DV8 vient pour la première fois à Nantes, seule étape de sa tournée française avant le Théâtre de la Ville à Paris. 

Alors qu’il collectait les récits d’amour de 50 hommes dans un sauna gay de Londres, Lloyd Newson rencontre John. C’est son histoire seule, banale et brutale, que le metteur en scène de DV8 choisira de porter. Une parole crue incarnée par dix danseurs-acteurs d’exception. Le plateau tournant entrouvre et claque les portes d’un intime décrépi où oscillent des êtres en déséquilibre. Crispations du manque, contorsions de la jouissance et tensions du désir, les mouvements organiques prolongent la parole, amplifient les mots et enlacent les démons : vol, viol, drogue, sexe et abîme. John existe et c’est sa vie que mots et corps mouvementés nous livrent ici. Un spectacle performance, à vivre comme une expérience intense. Le Grand T

 

CHANTIER NAVAL – Jeanine Qannari / Théatre documentaire

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Après 8 mois de collectage de paroles des salariés et retraités aux Chantiers de l’Atlantique de Saint Nazaire, Jeanine Qannari nous conte la vie à l’usine avec ses bons et mauvais côtés, les rêves, la camaraderie, les ambitions mais aussi les luttes de ces hommes et de ces femmes d’exception. Ce spectacle se déroule sous la forme de récits croisés, un mélange de faits réels et de fiction poétique autour de quatre personnages principaux : Le Vieux, Elle, Lui et Eux. Terrain Neutre Théatre

LE CARAVAGE – Alain Cavalier / Film

Chaque jour, de bon matin, Bartabas travaille son cheval préféré Caravage. Tous les deux ont une conversation silencieuse où chacun guide l’autre. Atteindront-ils une certaine perfection qui les autorise à se présenter devant un public ? Traverser les pépins de santé, se remettre de séances ratées, s’affiner, goûter la joie d’un sans faute. Le cinéaste est admis à être témoin de cette intimité. A la longue, c’est la naissance d’un trio où les coeurs sont ensemble. Le spectateur en fera peut-être un quatuor. Allociné

Alain Cavalier filme de prêt et zoome ! C’est de la biologie ce documentaire. Je n’y connais rien en équitation et ça m’a plu, je n’imagine même pas les réactions des amateurs… Images et sons sont tout le temps synchrones. C’est direct. Le montage est tendu avec des séquences toujours fraiches. C’est beau. Un petit bémol quand même sur la qualité de l’image. Alain Cavalier défend (et je le comprends) cette nouvelle identité du filmeur grâce à la révolution technique des caméscopes mais on sait faire mieux aujourd’hui que cette image un peu fade. Ça n’empêche en rien la malice et la douceur de ce film, mais il aurait pu gagner en contemplation.