Un documentaire de Shirin Barghnavard, Firouzeh Khosrovani, Farahnaz Sharifi, Mina Keshavarz, Sepideh Abtahi, Sahar Salahshoor et Nahid Rezaei

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Que signifie être femme et cinéaste indépendante en Iran ? À la lumière des récentes crises politiques, sociales et économiques de leur pays, sept documentaristes parlent de leurs vies personnelles et professionnelles, de leurs préoccupations et de leurs défis dans un film autobiographique à sept voix. Formellement, chaque film est différent (images d’archives, photos de famille, found footage, etc.) mais tous rendent compte de l’imbrication des histoires privées et des soubresauts politiques de leur pays.
Les souvenirs d’enfance et la destitution du Shah, la perte d’un amour et la guerre Iran/Irak, les interrogations face à une éventuelle émigration et les manifestations de 2009, comment déjouer la censure, la disparition de la musique de l’espace public après la révolution islamique de 1979…
Ces sept femmes, conduites par la nécessité de filmer, dressent un portrait incisif et passionnant d’un pays qu’elles continuent d’aimer tout en espérant le voir évoluer. // Le lieu unique – Les ateliers du doc



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Un débat a suivi le film, en présence de Pegram Khosronejad, chercheur oeuvrant à la diffusion de documentaires iraniens. Il a porté (entre autres) sur la question de la création cinématographique documentaire en fonction de la typologie du spectateur. Moi, spectateur nantais, je ne connais quasiment rien à la société iranienne. Et mes tabous ne sont pas les mêmes que ceux des iraniens. Se pose alors la question pour les cinéastes iraniens : « qui est notre public ? » S’ils veulent nous choquer, nous « séduire » (nous occidentaux), ils choisissent comme thème de leurs films nos tabous ; s’ils veulent parler à leur pays, ils traitent des questions ayant un écho à l’intérieur de l’Iran. La suite logique de cette réflexion sur le spectateur est la forme du film. À une volonté de faire de la pédagogie pour une société extérieure à l’Iran correspond régulièrement une voix off didactique. Et c’est ce que j’ai trouvé étonnant dans ce film : j’avais l’impression de voir un film sincère, destiné à l’Iran, et pourtant cette voix off continue me ramenait à ma condition d’élève de la classe en cours de société iranienne. Pegram Khosronejad précise néanmoins que la culture perse, longtemps nomade, a conservé les traces de la transmission orale par une volonté à raconter les histoires, d’où cette présence forte de la voix off. Pour conclure, et peut-être que cela verra le jour grâce aux ateliers du docs et au lieu unique, un cycle la forme d’une oeuvre en fonction de la typologie du spectateur serait sans doute passionnant.

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